Emna Kahouaji

Née le 26 Janvier 1991 à Kairouan, est une artiste plasticienne. Elle obtient sa Licence spécialité Peinture à l’ISBAT en 2014 puis entame en 2017 un Master spécialité Patrimoine traditionnel à la Faculté des Sciences Humaines et Sociales du 9 Avril (FSHS) 9 Avril.

El Chanti 2 Hommage à Habib Bouabana Ken 2019

A partir de 2014, elle participe régulièrement à des expositions collectives, particulièrement à l’Aire libre d’El Teatro (Variations des sens, Art Neuf, Le retour, Autour d’Antigone…), Palais Kheireddine, Palais Abdelia… Elle anime plusieurs ateliers d’arts plastiques pour enfants, coloriste sur un CM d’animation (Briska) de Nadia Rais, obtient le prix du jury au Festival Chouftouhouna 2017.

Elle Participe aux rencontres et symposiums de Ken (EL CHANTI, Hommage à Belkhodja en 2017, Hommage à Bouabana en 2019) à El Maken (Sidi Bou Said 2015, Kairouan 2017, Zarzis 2018).

En 2019, sa première exposition personnelle « AZAL » (Éternité) se déroule du 12 Novembre au 9 Décembre 2019 à la Galerie AIRE LIBRE d’El Teatro.

Elle est née dans la ville des poètes
Feu son père est un poète habité
Elle habite la cité des poètes sur le mont fleuri
Elle peint en poète un monde sublimé rêvé
Elle vous l’offre avec recueil hommage
d’éternité d’une belle
sur les cimaises de l’Aire libre
Ceci n’est pas une devinette
c’est tout un poème !
Emna Kahouaji, à presque 29 ans, 5 ans après son éclosion artistique, 2 ans après le décès de son père, le poète de Kairouan, Houcine Kahouaji (1959-2017), accouche avec forceps de sa première exposition personnelle de peinture, en parfaite synergie, intertextualité et communion avec les mots et vers de son père. Elle va au delà de l’exercice d’admiration et d’illustration graphique. D’abord, la couleur dominante de ses œuvres, le noir, n’exprime pas seulement le deuil, le manque et l’absence, mais la profondeur des souffrances de la catharsis et des tiraillements de la nuit. Pour contrer cette ouverture aventureuse sur l’irrationnel, elle introduit dans ses compositions des motifs géométriques, des carreaux d’enfance, des cloisons dédaliques et des cadres dans le cadre, pour mieux sublimer ses personnages et autres figures animales, souvent solitaires ou entourés de quelques objets à portée symbolique où la présence du livre domine.
 
A bien regarder ses tableaux un à un et en dépassant une première lecture où la mélancolie est évidente, on se retrouve dans un univers surréaliste où le rêve flirte avec le fantastique, magnifié par une palette de couleurs judicieuses et une technique picturale bien léchée. Je pense que par sa démarche, Emna arrive à transcender le tombeau mystique, à exorciser les traces de la mort de son père soufi et à baliser son propre chemin en quête de son moi indélégable. La résistance, la renaissance passe par la résilience. Je suis sûr que vous allez tomber sous le charme subtil de l’œuvre et de cette artiste qui promet moult enchantements !
 
 
Mahmoud Chalbi
 

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