Othman Babba

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Othman BabbaOthman Babba, né en 1947 à Monastir, est un artiste peintre. Il est diplômé en Langue et Littérature Française de l’Université de Lettres de Saint Etienne. La peinture est sa passion :

«la peinture à la gouache : c’est une technique qui me passionne vu qu’elle exige une infinie patience, de la persévérance et de l’attention. Un moyen de communication privilégié. Un outil de traduction de ce que les mots peinent à exprimer, un deuxième texte en formes et en couleurs d’une page qu’un poète a à écrire… ».

La peinture de Othman Babba est fine et sensible, précise et structurée; elle laisse au spectateur une grande liberté d’interprétation : des falaises, des plages et des jardins fleuris, des coins de pièces qui émergent de la toile, c’est autant de paysages imaginaires et poétiques qui inspirent l’évasion. Son travail est aussi «une emprise sur l’existence, sur l’instant et le temps qui passe» qu’il fixe sur la toile.Othman Babba "les couleurs de la ville"

«Il travaille la matière picturale avec une parfaite maîtrise technique, sa pâte est onctueuse, nourrie et charnelle. Les couleurs, souvent à dominante de bleus et de gris, sont ponctuées, «réchauffées» par des ocres, des orangés, donnant ainsi aux œuvres une vibration lumineuse et raffinée. Et, au-delà des touches qui s’entremêlent avec liberté, c’est dans un univers plastique très personnel que nous entrons, où le coup de pinceau s’apparente à l’écriture, où des lignes, des formes, des couleurs vont s’affronter jusqu’au moment où, après le vertige des couleurs et des lignes, des confusions et des doutes, on arrive à une impression d’équilibre et d’harmonie.

Les œuvres : «Equilibre précaire», «Paysage vu nulle part», «Variations sur un corps simple» laissent voir des constructions colorées, des poésies géométriques, des structures vigilantes, des paysages symétriques, où l’équilibre entre les masses crée une conversation subtile entre les couleurs. Parfois, il y a ces rainures blanches indiquant les espaces de séparation entre les sujets contenus dans le même tableau. Dans ses toiles, il y a toujours cette tendance constructive, architecturale, mais jamais froide. Les couleurs éclosent avec élégance et une minutie Othman Babba "La sieste"artisanale. Son œuvre est un mélange subtil d’élégance et de silence pour le grand plaisir du spectateur».

Il expose depuis 1990 et compte à son actif plus d’une vingtaine d’expositions personnelles.

  • Il est également auteur d’un roman «Chroniques d’un âge de poussière» (2012) 
  • et d’un recueil de poèmes «Peut être» paru en 2016.

    Chronique d'un âge de poussière

Présentation de l’éditeur « Chroniques d’un âge de poussière » : Les souvenirs ne sont pas, hélas ! faits uniquement d’évocations tendres et poétiques. Elles englobent aussi des passages d’une dureté extrême, d’autant plus insupportables qu’ils ont été vécus par un enfant et revécus par un adulte qui porte encore et toujours les stigmates des injustices, des brutalités auxquels il a assisté ou qu’il a endurées lui-même. Si l’évocation de ce passé récent se caractérise par un aspect de décousu c’est que l’auteur n’a pas voulu présenter à un lecteur potentiel un roman bien ficelé qui obéit en tous points aux règles du genre. Les souvenirs s’égrènent au hasard des jours, au hasard des états d’âme. Ils apparaissent un peu comme s’ils étaient portés par le goût de la madeleine de Proust et s’imposent à l’esprit de celui qui les transforme en mots, l’auteur, en l’occurrence. Et les mots, en sortant, blessent la mémoire et mettent la sensibilité à vif, mais ils libèrent l’esprit et éclairent les sentiers tortueux d’une vie, d’un destin. Quant à la violence de certains passages, elle ne retrace, en fait, que la violence d’une société qui vit dans la misère, l’hypocrisie et la négation de l’individu. Cette société qu’on dit tolérante et solidaire n’est en réalité qu’une jungle où l’homme bafoue la femme, où le riche vit en sangsue sur le corps du pauvre, où l’homme de religion s’octroie tous les droits même celui ‘’ d’abuser ‘’ de ceux qui n’ont aucun moyen de se défendre. En parler est un tabou, un tabou qui pourrait déboucher sur le bannissement, sur l’anathème, sur l’apostasie. Il a pris le risque d’en parler, car il est persuadé qu’il faut abolir les tabous et libérer les consciences et la parole.

Réf : Auteur(s) : OTHMAN BABBA – Interprète(s) :  Gabriel Dupont
Editeur : E-Narrator – Collection : PAROLES
Date de parution :  2012-03-15 – Code ISBN :  9782366040005

Expositions :

  • Plus de 20 expositions individuelles de 1990 à nos jours. Elles ont eu lieu au Kef, Monastir, Sousse, Tunis.
  • «Couleurs sur Paroles» : traductions de poèmes de Jacques Prévert, 2000 ; (Institut Supérieur Des langues et des Sciences Humaines de Tunis)
  • «Couleurs sur des mots» : traduction de poèmes de Souf Abid, 2007, (Club Culturel Tahar Haddad, Tunis)
  • «Couleurs en Fureur» : traduction de fragments de René Char, 2008 ; (Médiathèque Charles De Gaulle et Galerie Sophonisbe – Carthage) ;
  • «Mots et Couleurs», (Diwan Dar El Jeld, Tunis),
  • «Chroniques d’une Révolution», (Galerie du Village Ken, Bou Ficha, 2011)
  • «Etern’elle», (Galerie Bel Art, Tunis, 2012)
  • «Harmony», (Galerie Aire-Libre, El Teatro, Tunis, Février-mars 2014)

Ainsi que plusieurs participations à des expositions collectives.

A partir du 2 mars 2019, il expose à la Galerie AYCART,  « COULEURS DE MOTS ».
( Galerie Aycartn 1 rue Mikhaïl Npouaïma – El Omrane – Tunis – Métro Bab Laassal ).

Poésie :

Je n’écris plus

Je n’écris plus.
Les jours ont vidé leur lassitude
Dans ma tête
Et le sommeil me tente.
Mais je n’ai pas oublié.
Un peu d’encre vient de sécher.

Je n’écris plus.
La souffrance
Endurée par un peuple
Etrangle
Le souffle.
Le verbe étouffe.
Une vibration dans la rumeur matinale
Vient d’expirer.
Jamais je n’oublierai.

Né dans la douleur
Elevé dans la privation
Ma mémoire
Puise sa force dans un sol
Qui bouge

Je parle enfin !
Je cris,
J’écris :

La peine d’un pain gagné
A coups d’humiliations
A coups de colère.

Une terre si lointaine
Qui appelle
Qui rappelle des combats et des morts,
Des lendemains de victoire aussi.

J’écris
Cette enfant de notre quartier
A moitié nue
A moitié affamée
Ravie par un rêve
De pommes mures
Et de doux soleils
Rêve écrit sur ses lèvres
Qui sourient à peine.

Demain, qui sait, il atteindra la plus haute branche.

J’écris
Mon voisin
Camarade de jeux et confident
Nous avions les yeux dans les nuages
Et nos pas trébuchaient
Souvent
Sur les pierres du chemin.
Nos cartables usés
Ainsi que le savoir qu’ils renfermaient
Alourdissaient nos bras.
On était préparés à l’effort
Et le chemin souvent très long
Ne nous effrayait nullement.

J’écris
Un inconnu
Le visage en sang
Les pieds dans la poussière.
Un jour son corps
S’est abattu.
Il a osé crier
Liberté !
Depuis, cet inconnu
Vient m’aider à forger mes rêves
A la forme des mots qu’on prononce à peine.

J’écris
Avide d’absolu
Assoiffé d’amour.
J’écris
Pour moi, enfant de cette patrie
A la forme d’un poing levé.
J’écris
Pour mon pays
Un souffle de liberté.

 

Références : sa page Facebook https://www.facebook.com/othmanbabba/

http://ego-alterego.com/paintings-by-othman-babba/#.V-FzlmWTn04

http://www.latavolozzaoltrepo.it/babba.htm

http://tahiti-ses-iles-et-autres-bouts-du-mo.blogspot.fr/2014/09/othman-babba-interview-insolite.html

http://e-narrator.com/index.php?history=S33

 

  1. Thabet sur

    Des mots et des couleurs, des récits palpitant de vie, d’émotion, de souvenirs vivaces, d’odeurs, de sons, de musique, de cris, d’instants gravés à jamais dans la mémoire partagée, de moments graves. La vie qui se donne à lire, dans sa nudité, son intensité, la légèreté de l’être, tout ce qui prend sens, se voile et se dévoile, se cache entre les mots, entre les rimes, entre rires et douleur, avec cette générosité à nulle autre pareille.
    Plaisir d’entrer, sur la pointe des pieds, dans un univers foisonnant de couleurs, gaies, mutines, espiègles qui se déclinent à l’infini. Quant aux mots, ils jaillissent, beaux à la mesure démesurée de ce qui atteint l’âme, l’étreint et la bouleverse.

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