Essia Jaïbi

Essia Jaïbi, Diplômée en Études Théâtrales à Paris III-Sorbonne Nouvelle et Paris X-Nanterre, puis en master 2 Projets culturels dans l’Espace public, Essia Jaïbi a axé principalement ses recherches sur l’interaction entre l’art et la cité. Ce qui lui a permis de rencontrer plusieurs professionnels des arts de la rue dont Laurent Petit, qui a monté l’ANPU (Agence Nationale de Psychanalyse Urbaine) et avec qui elle poursuit son stage. 

Elle fait de l’art dans l’espace public sa spécialité et commence à entreprendre des projets tunisiens en 2014, n’hésitant pas à prendre des risques en accompagnant des concepts inédits en Tunisie. 

Fin 2015, elle crée FÛGA, projet d’art de la rue puis prendra en charge la coordination du projet « Tunis sur le Divan », fruit de la collaboration entre le Théâtre National Tunisien et l’Agence Nationale Française de Psychanalyse Urbaine. L’envie d’analyser et de comprendre l’espace urbain et d’y infuser de l’art est à la base de ses projets.

En été 2016, elle coordonne et met en scène son premier spectacle « La Nuit des Etoiles » en compagnie du danseur Selim Ben Safia, à Dar Sebastien dans le cadre du Festival International de Hammamet. L’année suivante, la 2è édition se déroula au Palais du Théâtre, place Halfaouine.

Coordinatrice de plusieurs projets culturels dont « Tunis sur le Divan », « La Nuit des étoiles » ou le Festival « Éphémère », elle a notamment participé à la promotion du film « Nhebbek Hedi » avec la société de production tunisienne Nomadis.

Essia aime sortir du cadre habituel et impose une nouvelle vision du spectacle, tout en s’adaptant au public tunisien.

« L’artiste doit se remettre en question, en tant que créateur et en tant que citoyen, et se re-situer dans l’« ici et maintenant » dans lequel il se trouve. Créer dépend d’un contexte, surtout quand on crée dans la rue. L’artiste doit réapprendre à voir, à écouter, à sentir, à chercher, à marcher, à se taire et à observer. Partir de la nécessité de la rue, qui est là devant nos yeux, présente dans le quotidien de chacun. Puiser dans la saleté des rues, dans les odeurs, dans les chats errants, dans la marche des prostituées, dans la couleur des fruits pourris et des murs délabrés. Mais aller aussi ailleurs, et ne pas croire qu’il n’y a que la pauvreté qui inspire. Aller vers la mer, vers la montagne, vers les cités et regarder puis pourquoi pas discuter. Il y a un lien concret qui doit se créer entre l’artiste et le contexte socio-économico-urbanistique de la ville, sinon il y a toujours le risque de la rupture, du gouffre de la carte postale, celle qui tranche entre ce que l’on vit et ce que l’on raconte. Celle qui nous éloigne de la pertinence de l’art, pour nous éblouir avec la superficialité des clichés. Chercher, s’immiscer, se perdre mais en parler à travers un prisme, celui du regard de l’artiste, perçant, fou et conscient. Car la conscience de la rue, de ce qui nous entoure, est loin d’être innée ou facile à acquérir. Il faut y travailler, il faut s’épuiser à chercher cette conscience de soi dans l’espace, de son individualité dans le commun et jouer du privé et du public que les autres par habitude ou par paresse ne voient plus. Dénoncer la rue dans la rue. Parler du citoyen dans son espace, sur son « territoire ». Bousculer, arrêter, interrompre, interpeller, siffler ou regarder et s’en aller. L’artiste a le choix de l’expression et du contact avec l’autre mais il a la responsabilité d’y faire face et d’en assumer les conséquences. L’art dans l’espace public sans prise de conscience suivie de prise de position puis de prise de responsabilité ne serait qu’une énième animation de rue, qu’un mouvement sans poésie, une parole sans voix. « 

Les 25 et 26 Janvier 2019, elle met en scène au 4è Art, sa mère, la grande Jalila Baccar comédienne et dramaturge, dans la pièce de théâtre « Madame M » écrite par Jalila Baccar et produite par Familia Productions, avec Jalila Baccar, Mouna Belhaj Zekri, Mouïn Moumni, Imène Ghazouani et Hamza Ouertataniau… qui a affiché complet pour les 2 dates.

Synopsis : D’un côté il y a Madame M., 64 ans, mère de cinq enfants, veuve et aide-soignante à la retraite.
Ils vivent tous les six ensemble. Ils ne se sont jamais séparés. 
C’est une bonne mère de famille et ses enfants travailleurs, discrets et affables. En apparence. De l’autre côté, il y a Heger, jeune journaliste de 33 ans, célibataire, et vivant avec sa mère et son jeune frère. Elle travaille pour un média en ligne, elle est indépendante, travailleuse et ambitieuse. En apparence.

L’histoire commence par une rencontre. Celle de la famille M. et de Heger. Elle débute par un fait divers, qui va mener vers un article, qui va déboucher sur une tragédie. Entre apparences et réalité, entre vérité et mensonges, entre révélations et non-dits, il devient de plus en plus difficile de démêler les fils entrecroisés de cette histoire…

Avec cette pièce, Essia Jaïbi passe de l’espace public à « l’espace conventionnel » s’y plaira-t-elle ? Seul l’avenir nous le dira.Des projets, des envies et des rêves à réaliser, Essia Jaïbi a un sans conteste, un avenir prometteur devant elle et des champs d’action à explorer.

 

 

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