Cheikh El Afrit

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Cheikh El AfritCheikh El Afrit de son vrai nom Issim Israël Rozzio, né en 1897 à Tunis et décédé le 2 juillet 1939 à l’Ariana, est chanteur. Né dans le quartier juif de Tunis, son père Sallem Rozio est d’origine marocaine, du village de Mghira près d’Agadir et sa mère Story Khalfon est d’origine libyenne. Lorsque son père regagne le Maroc, sa mère reste à Tunis avec la charge supplémentaire de deux garçons et une fille nés de deux précédents mariages. Il n’a pas fréquenté l’école, il vend les pâtisseries au miel préparées par sa mère à travers les ruelles du quartier juif pour aider à nourrir sa famille. C’est ainsi qu’il «loue» ses bras, comme d’autres enfants, pour moudre du café au pilon de bois dans une petite fabrique de torréfaction. Grâce à sa mère, il apprend à chanter puis participe aux chorales des synagogues. D’anciens artistes juifs lui font partager leur savoir, ce qui permet au jeune Issim de se produire dans les concerts ou galas publics et privés où il connaît le succès, notamment grâce à son interprétation de chansons tunisiennes aux paroles coquines. Pour se donner du cœur à l’ouvrage sur son lieu de travail, il fredonne des mélodies et sa voix force l’admiration de ses compagnons qui le surnomment affectueusement El Afrit (Le Démon), dans le sens de l’excellence dans son domaine, autrement dit «Le Génie».

À vingt ans, il décide d’entreprendre une carrière artistique et reçoit le qualificatif de cheikh signifiant dans le jargon musical «celui qui est détenteur du savoir» et qui est décerné à tout chanteur émérite.

S’il apprécie le ton incantatoire et lancinant du malouf, il ne lui déplaît pas de reprendre certaines chansons légères à la mode, faisant Cheikh El Afritles délices de son public lors des mariages et galas qu’il anime ; il chante la vie et les passions contrariées, forgeant des images évocatrices et pleines de mélancolie. D’emblée, le public adopte ce chanteur qui chante assis comme le veut alors la tradition et portant sa main à son oreille droite.

Cheikh El Afrit ne se produit qu’avec sa propre troupe composée d’Albert Abitbol (violon), Habib Messaoud (orgue), Maurice Benais (oud), El Malih (darbouka) et Abramino (qanûn). Sollicité à travers le pays, le chanteur se produit aussi à l’étranger, notamment en Algérie, où il effectue de fréquents séjours. Il se rend aussi à Paris pour enregistrer vingt chansons tunisiennes et fait la rencontre du chanteur juif égyptien Zaki Mourad, père de la grande cantatrice Leila Mourad, lors d’un concert de ce dernier à Tunis.

Les promesses alléchantes des sociétés de disques et sa voix propagent sa popularité mais c’est sans doute le compositeur-chanteur Acher Mizrahi qui lui compose son plus grand succès : «Tasfar we titgharrab» (Voyage et tu connaîtras le goût de l’exil). Le départ, les passions contrariées et l’errance demeurent alors ses thèmes favoris.

A noter que Cheikh El Afrit se produit tous les mardis au palais du Bardo à la demande de Ahmed Bey qui le fait chercher en carrosse.

Principales chansons à succès :

  • Fich chat’it oum (Elle se baigne dans la mer) ;
  • Ya hasra kîf kunt sghîra (Combien je regrette ma belle jeunesse) ;
  • Hiz ehzâmik tâh yi tkhabbil (Serre bien ta ceinture, elle aussi s’est affolée) ;
  • El ‘ayyâm kif er-rîh fil berrîma (Les jours passent, comme le vent dans les crécelles) ;
  • Anâ Targui (Je suis un Touareg) ;
  • Yâ marhabâ bi Ouled Sîdi (Bienvenue aux fils de mon maître) ;
  • Yâ Fatma bad el-nakad we-l-ghussa (Ô Fatma, après tant de malentendus et d’angoisses).

Il meurt le 2 juillet 1939 à l’hôpital de l’Ariana des suites d’une bronchite.

Il laisse un répertoire éclectique de plus de 480 chansons qui fait de lui l’un des plus grands interprètes de la musique tunisienne.

Références : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cheikh_El_Afrit

https://www.youtube.com/watch?v=Bp1BY8zgJH4

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