Bayram Kilani (Bendir Man)

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Bendir ManBayram Kilani (Bendir Man), est un chanteur engagé. Il a appris à jouer à la guitare, au luth et à la musique assistée par ordinateur presque en même temps, puis il a commencé à écrire pour des génériques de documentaires pour la télé. C’est en France, où il a étudié, qu’il commence réellement à professionnaliser sa passion pour la chanson. Il étudie à l’école du jazz à Strasbourg et prend des cours d’arrangement. Petit à petit il commence à mettre ses chansons sur le net. Au début, c’était un passe-temps, puis c’est devenu une vraie passion.

Malgré la censure, ses chansons engagées ont été écoutées en boucle sur le net par une jeunesse avide de liberté.

« Ce qui s’est passé dans mon pays, dit-il, est le résultat d’un mouvement collectif impliquant toutes les générations et pas seulement la mienne ».

Bendir Man a longtemps dit tout haut ce que plusieurs pensaient tout bas, ce qui lui a valu dès le début, d’être banni des scènes et des médias. Bendir ManDu temps de la dictature, il n’avait pas eu le droit de donner un seul concert en Tunisie. Alors, il se produisait en France et un peu à Montréal. Sous l’ancien régime, des programmateurs de salles qui voulaient l’engager ont été menacés par la police, des jeunes qui écoutaient ses chansons avaient été arrêtés. Sa maison était surveillée, sa ligne de téléphone mise sur écoute. Sans compter les nombreuses fois où des policiers zélés l’ont tabassé et jeté en prison.

«Moi, je me pensais subtil. Mais pour le gouvernement, j’étais le summum de l’arrogance ! A 15 ans, je foutais déjà le bordel au lycée à cause d’une réforme. Depuis petit, j’improvisais des chansons, j’écrivais des paroles pour titiller mes profs, ma famille, mes amis, les filles… j’ironisais sur tout et c’est avec cet esprit d’improvisation que j’ai grandi»….«C’est dans la chanson que j’ai trouvé le bon moyen pour exprimer ma révolte . Je ne pouvais pas parler des oiseaux et de la vie en rose alors que les mecs de mon quartier vivaient dans la merde ou que d’autres risquaient leur vie pour aller se réfugier en Italie…»

Sa guérilla chansonnière a porté ses fruits. Mais la bataille n’est pas complètement gagnée, souligne celui qui a déjà donné une vingtaine de concerts en Tunisie depuis le départ de Ben Ali.

Le chanteur, qui se présente comme un éternel insatisfait, ajoute, qu’on peut compter sur lui pour :

«emmerder tous ceux qui ne veulent pas que ça change.  Je ne parle pas uniquement de politique dans mes chansons, j’aime bien aborder les sujets qui fâchent, les tabous… Je dis toujours : « Je dérange donc je suis ! » La politique n’est pas et n’a jamais vraiment été mon sujet de prédilection, c’est juste un sujet sensible. S’il n’y avait pas de dictature en Tunisie, j’imagine que j’aurais pu parler d’autre chose… ».

Il enregistre un duo avec Si Lemhaf, une chanson qui s’intitule «Free», qui ne parle pas du tout de politique, ainsi qu’un duo avec le chanteur algérien Baaziz pour une émission télé. Les concerts en Tunisie et à l’étranger se succèdent. A l’étranger il participe à des festivals : la ré-ouverture du Louvre, les Transmusicales de Rennes, le Printemps de Bourges, les Francopholies de La Rochelle :

«Ce sera énorme de jouer de la darbouka tunisienne, de les faire danser, de leur faire découvrir l’art de la chanson tunisienne. On va même afficher des traductions en 3D pour tout ce qui est texte afin que le spectateur n’en rate pas une miette».

Bendir Man est aussi très actif dans le milieu associatif puisqu’il a créé avec des amis et des jeunes, l’association Esmaani à but carritative. Cette association participe à des actions avec Machrek Echams, le Croissant-Rouge, les blessés de la révolution et il chante bénévolement à chaque traversée de la Tunisie.

Actuellement, ilcontinue de se produire et chaque concert est un réel plaisir pour son public.

Références : http://www.huffpostmaghreb.com/2015/10/21/bendir-man-interview_n_8329800.html

http://www.lapresse.ca/arts/musique/201104/02/01-4385867-bendir-man-la-voix-de-la-revolution-tunisienne.php

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