Amel Hamrouni

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Amel HamrouniChanteuse engagée, appartenant au courant de la chanson alternative. Elle est née à El Hamma, d’un père infirmier, originaire de Gabès, et d’une mère fonctionnaire des PTT (Poste et Télécommunications). Bachelière en 1979, elle prépare un diplôme à l’École Nationale d’Administration (ENA) de Tunis. En 1984, son diplôme en poche, elle est nommée dans les services du ministère des finances tunisien.

Sa carrière artistique débute en 1979, avec quatre musiciens : Khaled et Chokri Hamrouni, respectivement frère et cousin de la chanteuse, Nebrass Chammam et Tawhid Azouzi, ils décident de créer le groupe El Bahth Al Mousiki à Gabès. En 1982, Khémaïes Bahri, les rejoint.

Al-Bahth Al Mousiki s’inscrit dans la droite file de Hammadi Lajimi et Hédi Guella, pionniers de chanson alternative et engagée, disciples de Cheikh Imam. Dès sa fondation, l’ensemble œuvre « pour faire de la chanson alternative un levier d’éveil de la conscience civique ».

Tout au long des années 1980, c’est surtout sur les campus ou dans les locaux de l’UGTT et de la LTDH (Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme), qu’Amel Hamrouni et son groupe chantent à l’occasion de manifestations culturelles.

Tout en reprenant des titres de Cheikh Imam, de nombreuses chansons de leur propre répertoire sont devenues populaires, dont «Héla héla ya matar» écrite par Adam Fethi et «Lebsissa» écrite par Belgacem Yaagoubi.

En 1987, Amel Hamrouni est une des lauréates du prix «RFI Musiques du Monde». Un an plus tôt, le même prix a été décerné à Ezzine Safi, et un an plus tard, c’est au tour d’un troisième Tunisien, Mohamed Bhar, de le recevoir. Cette triple distinction pour la chanson alternative tunisienne honore les interprètes et les compositeurs, mais c’est aussi une reconnaissance du mérite des poètes et des paroliers qui sont interprétés.

Sur le volet chant, elle a été l’icône du groupe El Bahth El Moussiki. Cette expérience dura jusqu’en 1990, date à laquelle ils se séparent.

Elle en parle avec beaucoup d’émotion, de ce lien qui l’unissait au groupe :

« C’était, certes, une expérience artistique qui a marqué les esprits par le talent des paroliers, des compositeurs et des interprètes, mais elle était, surtout, l’histoire d’une amitié, d’une complicité et de valeurs partagées par un groupe de jeunes qui ont su donner un sens à leur passion. L’histoire d’«El Bahth» est un peu celle  de ma vie aussi. J’y ai connu le sens de l’amitié, du militantisme, le bonheur de la scène, la tristesse des échecs… Sur le plan personnel, j’ai décidé de ne garder que les bons souvenirs, je dirais même les meilleurs, ceux qui aident à avancer».

Quand en 2003, à l’initiative de l’UGTT, après 8 ans de séparation, le groupe fait une tentative de se reconstituer en allant à la rencontre de son public, Amel s’exprime ainsi :

«…on voulait réussir le «retour», par devoir de mémoire, car on voulait surtout enregistrer convenablement une bonne partie de notre répertoire et nous donner «l’occasion» de mesurer notre capacité à remettre «la fabuleuse» machine du groupe en marche, mais n’étant pas dupes, on savait, au moins Khmaïes Bahri et moi, qui sommes toujours restés complices, que huit années de séparation allaient forcément laisser des séquelles. C’est comme l’avait prédit Adam Fathi  dans sa merveilleuse chanson, écrite en 1984, layam farraga. Les jours ont, en effet, fini par nous séparer».

amel hamrouni et Khémais bahriAvec Ouyoun el Kalem le duo qu’Amel Hamrouni forme avec Khemaïes Bahri, est une nouvelle expérience. A deux, ils ont repris le flambeau, poursuivant leur chemin pour offrir à leur public des récitals qui enflamment toujours autant. La voix d’Amel et la sensibilité qu’elle dégage provoquent toujours l’adhésion de ceux qui l’écoutent. Le contexte de la Révolution Tunisienne et de l’après Révolution sont pour elle une source infinie d’inspiration :

«J’ai toujours pensé que nous chantions la vie; celle des petites gens, les laissés-pour-compte, ceux dont on n’écoute pas la voix… Nous continuons à le faire. C’est que la vie est en perpétuel mouvement, mais avec toujours des injustices, des inégalités, des disparités et de…l’amour. Les sujets ne manqueront donc jamais; le vrai défi sera toujours de trouver le «ton» juste, de «gratter» à la bonne corde, de chercher «la mélodie» qui transporte et, pourquoi pas, bousculer les canons même de l’esthétique. D’ailleurs, n’avons-nous pas commencé un peu à le faire, avec la fabuleuse aventure d’«El Bahth ? ».

L’ensemble « Ouyoun El Kalem » répond toujours présent lors de dates importantes, que ce soit pour la Journée Internationale des Droits des Femmes, ou pour un hommage rendu à un compagnon de route, aux martyrs tués, ou pour apporter leur soutien à une initiative, une cause.

Elle chante des poésies de Abdeljabbar El Euch, Adam Fathi, Taieb Bouallegue, Khaled Hamrouni et Nacer Redissi mais aussi des poètes arabes comme Taoufik Zied, Ahmed Matar et Souad Sabbah.

Références : http://www.jetsetmagazine.net/culture/revue,presse/lentretien-du-lundi–amel-hamrouni-chanteuse-engagee-la-marianne-des-temps-modernes.21.12095.html

https://www.youtube.com/watch?v=xW2I2aPiLU8

 

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