Abderrazak Hamouda

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Abderrazak HamoudaNé en 1953 à Gabès, est un calligraphe. Il suit ses études universitaires en Langue et civilisation anglaise à la Faculté des Lettres de Tunis, puis part à Paris pour y poursuivre ses études d’anglais, à l’Université Paris 7.

Sa rencontre avec les iraniens de Paris et le déclenchement de la Révolution iranienne constituèrent un tournant dans sa vie. Il décide alors d’apprendre la langue persane pour mieux comprendre ce peuple et sa civilisation et se plonge dans la lecture d’Omar Khayam, dans sa version persane. Il s’inscrit donc à l‘INALCO (Institut des Langues et Civilisations Orientales)  et obtient une licence en langue et civilisation arabes. A Paris, où il vécu 13 ans,  il doit faire divers petits boulots pour gagner sa vie.

« à Paris j’ai retrouvé le sens de la liberté, je m’y suis redécouvert en prospectant tout mon potentiel intellectuel et artistique. J’y ai enfin rencontré ma femme et la calligraphie. Je peux dire, sans hésiter que la calligraphie est un don de Paris ».

Son parcours d’artiste calligraphe, qui avait commencé à Paris, à l’INALCO où il avait présenté ses premières calligraphies dans une exposition autour du livre, avec la participation de Yves Porter, miniaturiste et de Michèle Vicat, spécialiste de la reliure, le conduit à rencontrer l’artiste peintre égyptien Samir Megally qui l’invite à participer au 1er Salon de l’Ecriture au Grand Palais de Paris, qui sera suivi d’une exposition à la Galerie de Nesles à St Germain des Prés.

Très tôt engagé dans la lutte contre l’Apartheid et pour la libération de Nelson Mandela, Abderrazak Hamouda prolonge cet engagement comme Secrétaire Général de l’Association des Juristes Africains (AJAF). Cela lui permet de visiter l’Afrique, de rencontrer certains de ses dirigeants et d’organiser le Concours Africain  d’affiches «  Free Mandela ».

A 32 ans, il s’installe à Genève où il passe par une difficile période de chômage et enchaîne à nouveau les petits boulots. Il trouve finalement un travail qui lui permet de trouver une certaines stabilité matérielle. C’est alors qu’il peut enfin se consacrer pleinement à la calligraphie arabe, de mieux apprivoiser cet art, de s’y identifier et d’en faire son outil d’expression par excellence. C’est à Genève que sa carrière va s’affirmer et c’est là qu’il s’engage à promouvoir les jeunes artistes et à les aider à montrer leurs travaux.

« Mes calligraphies sont l’expression la plus sincère de ma pensée. C’est par elles et seulement par elles, que vous comprendrez qui je suis ».

Il entame alors la présentation d’une longue série d’expositions dans de nombreux pays : Suisse, France, Tunisie, Italie, Autriche, Bahreïn, Dubai, Arabie Saoudite,….

En 2005,  le Musée d’Ethnographie de Genève  lui a consacré une exposition entière «Sources et ressources d’un Tunisien de Genève».

«C’est un artiste d’une rapidité étonnante et d’une production phénoménale», dit de lui l’artiste peintre, qui le connaît le mieux, Abbas Al Mossawi (Baheïn) qui l’aida à installer son atelier à Genève. Avec lui, Abderrazak Hamouda organise de méga ateliers : «Peace 2000». Ce sont  des ateliers qui regroupent dans un même espace plus de 2000 personnes pour les sensibiliser à travers la peinture, à l’idée de la Paix et à la protection de l’environnement. Organisés au Palais des Nations Unies à Genève; en Inde devant le Taj Mahal, au Qatar dans le désert de Bahreïn, en Allemagne, en Italie, en Russie…

C’est à Gabès également qu’il affirme dans les actes son attachement à la nécessité de la  cohabitation des cultures et des religions. Avec ses amis de l’association Dar El Founounprésidée alors par Ezzedine Ounis et avec le soutien de Charles Josselin (dans le cadre de la coopération décentralisée Gabes/Côtes d’Armor), il se lance dans la sauvegarde de la Maison du rabbin de la vieille ville, dite « Houch Khrayef ». Une demeure du XVIIème siècle devenue aujourd’hui un lieu incontournable de la vie artistique de la ville. Des expositions locales, nationales et internationales y sont organisées toute l’année avec l’association Dar El Founoun. En octobre 2012, s’y déroule «La  Première rencontre Internationale de calligraphie» en introduction à la «Biennale Internationale de la Calligraphie de Gabès» qui se déroula quelques mois plus tard.

Sa calligraphie est à l’image de sa vie. Elle est le fruit de la jonction entre l’Orient et l’Occident, le résultat de sa réflexion profonde sur le monde :

«  Après 30 ans d’exercice de la calligraphe et à l’aube de mes 60 ans, je suis extrêmement redevable à la calligraphie. Elle m’a donné la chance extraordinaire de pouvoir m’exprimer librement et sincèrement. Elle est devenue l’amie à qui je peux me confier à travers tous mes états d’âme. A travers elle, je crie mes colères, je partage mes joies,  je me rapproche de tous ceux avec qui je partage mon art et ce que j’ai de plus sincère et de plus humble à leur donner. En un mot, la calligraphie a formé ma pensée et mon être : n‘est-ce pas une chance ?. La calligraphie est un point qu’on allonge sur une surface. Ce point devient ligne, puis courbe puis cercle. Elle est aussi l’image du souffle et de la conviction intime. Elle  se nourrit du passé, se vit au présent, et tel un bon vin, se bonifie avec le temps. Lorsqu’elle est sincérité intellectuelle, elle  devient votre ami, et reflète votre image. Et lorsque tous ces ingrédients se conjuguent ensemble, alors, vous devenez ce point et la page blanche une planche de théâtre : tout devient alors possible ». 

Référence : http://www.icamge.ch/abderrazak-hamouda/

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