Hamouda Ben Halima

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Hamouda Ben Halima décédé le 20 janvier 2017, est un cinéaste et réalisateur. Il a étudié à l’I.D.H.E.C à Paris.

Il s’affirme avec son premier long-métrage «Khelifa Lagraa» (Khelifa le teigneux) (1969), comme un des cinéastes les plus originaux du Maghreb, l’un des seuls à posséder un style qui s’éloigne totalement de l’imitation du cinéma occidental. Ce film est une adaptation d’une nouvelle de l’écrivain tunisien Béchir Kheraïf.

Hamouda Ben Hamida "Khélifa Lagraa"

« Khélifa lagraa »

Synopsis Khélifa Lagraa : Dans ce quartier du vieux Tunis d’avant-guerre, chacun a recours à Khélifa le teigneux. Ce gosse des rues, cet orphelin de naissance est devenu le garçon de courses de tout le monde, et même les maris les plus jaloux le tolèrent. Eux qui égorgeraient quiconque lèverait les yeux sur leurs femmes, le laissent pénétrer chez eux et approcher leurs épouses et leurs filles. Pour eux, un teigneux n’est pas vraiment un homme : quelle femme voudrait d’un garçon qui, à vingt ans, a perdu tous ses cheveux ?

«Ce qui compte ici, c’est moins l’histoire que le film raconte ou la structure de la narration filmique que ce jeu de cache-cache discret et pudique qui s’installe entre la caméra et les acteurs. On a beau chercher dans l’histoire du cinéma des références précises ayant déterminé le style de ce film, on ne les retrouvera guère. Cependant, Hammouda Ben Halima n’avait pas l’ambition d’inventer un nouveau cinéma. Mais il a fait mieux. Il a montré que le langage  filmique ne peut relever d’une  syntaxe irréductible. Autrement dit, Khélifa le teigneux confirme la règle selon laquelle il n’y a de véritable création que dans l’écart qui se démarque de la norme et du modèle consacré.

La liberté de mouvement dont jouit le personnage de Khélifa  dans une société fortement dominée par la gent  masculine, implacable et jalouse de son pouvoir, n’est-elle pas une exception à la règle ? Aussi, parce qu’il communiquait sans obstacle aussi bien avec les hommes qu’avec l’univers intime des femmes, le teigneux parvient-il à saisir que le monde dans lequel il se trouve est affecté par le stigmate de l’hypocrisie et aussi par le mal de la fausse pudeur et du désir insatisfait.

Dans Khélifa le teigneux le cinéma n’apparaît guère comme le champ d’une esthétique élaborée, mais plutôt comme l’art du vrai, celui qui permet de découvrir les recoins secrets des êtres et l’espace de leur drame. Et c’est précisément là où réside le mieux l’intérêt du film : il montre une des voies possibles où le réel tunisien peut devenir une matière filmique» (Source : Kamel Ben Ouanès)(1) .

Depuis «Le Réverbère» (Al mosbsah el modhlem) (court métrage 1972), adaptation d’une œuvre de l’écrivain Ali Douagi, il abandonne la réalisation, mais il écrit les dialogues de «Les Zazous de la vague» de Mohamed Ali Okbi (1992) et de «Un été à la Goulette» de Férid Boughedir (1996).

Hamouda Ben Hamida "Le Réverbère"

« Le Réverbère »

Synopsis Le Réverbère : Un coiffeur de la rue du Pacha rencontre, le soir tombé, une mystérieuse inconnue voilée qui attend seule sous un réverbère. Aux manœuvres de séduction du coiffeur, la jeune femme d’une grande beauté, répond par le silence, puis accepte de le suivre chez lui, à condition qu’il ne pose pas de questions. C’est alors une déambulation envoûtante dans les ruelles de la médina, la nuit, et un dialogue surprenant où se mêlent les tentatives de séduction et la curiosité de découvrir le secret. Mais est-ce bien le charme du coiffeur qui pousse la jeune femme vers le domicile de celui-ci ?

Référence : (1) https://kamelbenouanes.wordpress.com/2012/10/27/le-cinema-tunisien-en-quete-didendite/ 

 http://www.aflam.fr/spip.php?mot101

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